Restauration



Principe de restauration pour les musées

De façon générale, nous pouvons envisager plusieurs types de restaurations, selon l'usage et la fonction du meuble, mais il est une restauration qui est la plus sage, plus raisonnable.

Celle-ci consiste à respecter au mieux l'état de ce dernier afin de le préserver au maximum, le garder dans son intégrité sans oublier que nous devons rester humbles en sachant que l'esprit de la restauration d'aujourd'hui sera peut-être remis en cause demain en raison d'une meilleure connaissance, d'un recul supérieur et de techniques différentes, voire plus perfectionnées.

Cela pose un postulat pour chaque meuble ou objet et demande beaucoup de réflexion avant d'entreprendre un travail.

Une concertation entre plusieurs personnes de compétence reconnue est conseillée afin de déterminer la démarche à suivre.


Une priorité, garder l'esprit du meuble

Il est évident que l'on doit tout d'abord garder l'esprit du meuble, recoller les parties à recoller avec les colles traditionnelles, réversibles, mais il se pose immédiatement une question en raison d'un éventuel état de fatigue prononcé de la pièce : va-t-on changer une partie défectueuse ? Dans ce cas, bien entendu, en bois de même essence, même ancienneté que celle initiale. Va-t-on la consolider (si c'est possible) Va-t-on la renforcer (là, nous sommes moins d'accord).

Notre première réaction sera, si possible, de la consolider.

En effet, il sera toujours temps de la changer ultérieurement si besoin s'en fait sentir. D'ici là, d'ailleurs, aurons-nous trouvé des méthodes plus rationnelles et contemporaines.


Savoir se poser les bonnes questions

En ce qui concerne les perces, dues, pour les placages, à l'excès de raclage bien souvent à mauvais escient, sans oublier qu'au moment de la création, le raclage et le ponçage ont été fait de façon plus ou moins rude mais que l'esprit du restaurateur, ensuite, étant de respecter l'objet ou le meuble, il doit alors, si possible, supprimer le raclage, source de disparition de la marqueterie.
En ce qui concerne donc les perces, que faire ?

Doit-on les respecter ? Doit-on recréer la marqueterie (souvent plus simple)

Doit-on recharger par-dessous avec des bois anciens, écailles, ivoire etc... En respectant le même sens de veinage, d'âge et de teinte ? Je me suis vu prendre ses décisions dernièrement pour une table unique au monde, réalisée par André Charles Boulle pour le roi Louis XIV. (400 heures de travail, rien que pour cette prise de position) mais c'était pour un privé.
Dans le cadre d'une institution et après concertation, je pense que j'aurais pris une position différente.


Sagesse et concertation

J'aurais admis le principe de l'existence de la perce et l'aurais respectée, partant du principe qu'il sera toujours temps de recréer cette dernière, dans les siècles à venir. (Dans la mesure où des artisans de talent existeront encore !).

Mais peut-être ne réagirons-nous pas de la même façon pour une autre, à un autre endroit, pour une raison différente.

Ai-je raison ? D'où la concertation. Dans ce cas avons-nous raison ?

D'où la sagesse d'en faire le moins possible pour stabiliser le meuble, je dirais le « sauver ».

Il ne faut pas se mettre en valeur, il faut mettre en valeur le meuble.

Ce sont des subtilités permanentes, des positions graves qui demandent beaucoup de modestie mais un maximum de connaissances théoriques et pratiques au sein des différents siècles et, de plus, au cours des années dans ce siècle et je dirais même plus, au sein des ateliers, des différentes « mains » de l'époque, dans le siècle, dans une année, dans un atelier...

Connaissance, modestie, réversibilité…